Au Canada, le secteur de la téléphonie n'échappe pas à la tendance mondiale où il constitue un terrain de jeu taillé sur mesure pour la concurrence. La conséquence directe et plutôt positive de cet état étant une offre de prix plus confortable pour les clients.
Si les prospectives ont encore du mal à jauger si le nombre d'abonnés à ces offres récentes va se maintenir à un certain niveau ou bien continuer de grimper, les options, elles, ne cessent de se diversifier. Il y a quelques années encore, soit en 2002, la téléphonie filaire enregistrait au bas mot 97% des suffrages des ménages canadiens. Cet engouement semble en train de subir un profond bouleversement. De plus en plus de ménages recourent aux possibilités, de mieux en mieux affinées, des options de téléphonie de nouvelle génération.
Le protocole VoIP s'attire, mine de rien, un public qui se chiffre à 15% des ménages québecois, d'après les études du CEFROI. Pour une poignée de dollars mensuels, une vingtaine pour être exact, ce genre de technologie permet de bénéficier d'appels illimités vers les USA voisins et à travers le territoire. Certains opérateurs spécialisés font dans la diversification des options, agissant comme de véritables aimants sur les usagers.
Il est vrai que parfois, la gratuité – ou presque – des services se paie par d'autres moyens. Il y a, par exemple, des opérateurs qui utilisent la plage d'attente de la connexion, pour faire passer des publicités. Alors que les alternatives se multiplient, il est toutefois constaté que les usages ne suivent pas nécessairement avec évidence. Cet aspect, toujours influencé par la nécessité d'un temps d'appropriation plus ou moins long, laisse sentir un léger tâtonnement. Il est vrai que le désir de changement est là, mais il a besoin de temps pour s'implanter.
Au Canada, les fameux smartphones ont, par exemple, séduit 13% d'usagers en 2009, contre 8% l'année précédente.
Dans ce contexte, le téléphone filaire tente de se raccrocher, sans jeu de mots. Les statistiques des principaux opérateurs téléphoniques du sous-secteur ne cessent de souffrir de baisse, mais la population qui reste fidèle à l'accessoire continue d'exister. Pour mesurer à quel point son usage est enraciné et son abandon complet peu évident, il suffit de se référer à la comparaison. Seuls 8% des ménages canadiens ont tourné le dos au filaire, quand en Europe, le quart lui a déjà dit adieu. Si de plus en plus de personnes issues de la jeune génération n'ont jamais eu l'idée de souscrire à un abonnement fixe, le filaire se maintient à sa manière. Il le fait notamment parce qu'il y a toujours des personnes qui préfèrent la simplicité de lecture de ses factures à un choix de forfaits cellulaires qui donne parfois le vertige. |